La suée des Pores, 2020

La suée des pores, 2020, 92 x 62 x 102 cm, Une chips de riz soufflé est passée à la friture. Elle imbibe de gras le plateau d’une table en croûte de sel et fer à béton.

 

Une sculpture comestible en chips de riz est installée sur une table en fer à béton. Son plateau en croûte de sel permet la salaison de la chips.

Cette grande chips est cuisinée le temps d’une performance. La feuille de riz bouilli est plongée dans une friture, elle se déploie alors spontanément. Imbibée de matière grasse, la forme organique transpire l’huile qui délite au fur et à mesure le plateau en bloc de sel.

Les matériaux sont sollicités pour leur capacité plastique, pour leur pouvoir de mutation. Ici, en un instant, une feuille de riz passe d’une sorte de rebus de plastique à une grande chips soufflée dont l’image peut se rapprocher du coquillage. Le spectateur met fin au cycle de la sculpture en l’ingérant.

La suée des pores est empruntée à l’expression « suer comme un porc ». Ce terme est lui-même une mutation de langage faite par Ernest Hemingway dans l’œuvre L’homme et la mer. « Suer comme un port », l’expression originale faisait référence aux odeurs stagnantes de crustacés.